LES INNOVATIONS SOCIALES ET LES FORMES D'INTELLIGENCE COLLECTIVE : UN LEVIER DE TRANSITION ECOLOGIQUE ?

L'enjeu global de l'étude pour l'ADEME est de mieux accompagner des projets d'Innovation sociale qui ont un impact sur la transition écologique.

Dans le champ d’intervention de l’ADEME, les initiatives qu’il est possible de qualifier d’innovations sociales sont nombreuses. On peut citer notamment, sans prétendre à l’exhaustivité, les circuits courts alimentaires, la consommation collaborative, la mutualisation des services comme le covoiturage ou l’autopartage entre particuliers, l’habitat participatif, les projets d’énergie renouvelables participatives, les communautés énergétiques locales… Certaines d’entre elles sont déjà bien installées et documentées, d’autres sont encore en émergence.

L’ADEME doit donc être capable de comprendre ces initiatives, comment elles ont émergé et de développer des moyens d’actions spécifiques envers elles.

Ces initiatives soulèvent deux types de question :

  • Des questions liées au processus d’innovation lui-même : qui sont ces innovateurs ? Quelles sont leurs motivations ? De quelles ressources disposent-ils pour mettre en place et développer ces initiatives ? Comment utilisent-ils les ressources mises à leur disposition par les pouvoirs publics, mais également les ressources disponibles dans la société (comme, par exemple, les potentialités ouvertes par les outils numériques (Millard et al, 2013)) ? Dans quelle mesure les TICS peuvent-elles répondre aux besoins des innovateurs sociaux ou servir de support / déclencheur à ces innovations ?
  • Des questions liées au rôle de ces innovations dans les processus de changement social, et plus précisément dans la transition vers une société plus durable. Comment penser le développement de ces initiatives ? Quels sont les enjeux de leur montée en échelle ? Sont-elles des niches d’innovation qui ont vocation à transformer le régime socio-technique dominant dans un sens plus durable ? Ou ont-elles vocation à rester cantonnées aux marges du système en restant spécifiques à un contexte donné et adaptatives (Government of Canada, 2010) ? Dans quelle mesure ces innovations sont-elles bénéfiques d’un point de vue environnemental (IDDRI, 2014) ? De quels éléments d’évaluation disposons-nous aujourd’hui ?

Quel appui apporter à ces innovations sociales ?

Les dispositifs d’appui à l’innovation sociale ont connu un développement ces dernières années. Ils peuvent provenir de la puissance publique (Etat, collectivités territoriales… mais également d’acteurs privés,comme par exemple des Fondations). « Les gouvernements jouent un rôle particulier dans l’« écosystème » de l’innovation sociale. (…) Les gouvernements investissent déjà beaucoup dans la réponse aux enjeux sociaux. […] Le but n’est pas de savoir « si » les gouvernements ont un rôle à jouer dans l’innovation sociale, mais plutôt de savoir « comment » et « où » ils se situent dans l’« écosystème » de l’innovation » (Gouvernement du Canada 2010).

Pour une agence comme l’ADEME, au-delà de l’enjeu de montée en échelle et diffusion de ces innovations, l’attention doit se porter sur celui d’un accompagnement de ces innovations dans une perspective de transition écologique. La question qui se pose est donc la suivante : comment évaluer et positionner l’action de l’ADEME dans le champ de l’appui public aux innovations sociales ? Est-ce un soutien direct ? Indirect via des intermédiaires ? En essayant de réduire les barrières identifiées ?